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THOMAS PRADEAU : LE VOICI ME VOILÀ

MUSIQUEPosted by Le blog de Sylvain Moraillon Thu, January 04, 2018 16:13:15


C’est vrai qu’il chante un peu comme un titi parisien. C’est d’ailleurs ce qu’il est, un enfant de Montmartre. Thomas Pradeau a même parfois les allures musicales d’un Thomas Dutronc. Il est rarement flatteur de comparer un artiste à un autre, mais en l’occurrence il s’agit d’un même genre auquel les deux interprètes appartiennent, une sorte de nouvelle chanson française qui reprend paradoxalement les manières d’écrire et de chanter d’autrefois.

Mélangeant l’insolence, la nonchalance et l’énergie, il sort l’EP Le voici me voilà, en 2014, sur le label Sherpa Music. Il contient 6 titres coréalisés avec Steven Forward dont la qualité apporte un peu de fraicheur en cette période de désarroi musical. Il y a quelques perles, comme Paris sans ta voix, quand on a « menti les je t’aime » et qu’il ne reste plus qu’à boire « à ses nuits qui nous baisent »…

Les arrangements efficaces et dépouillés qui enrobent les titres leur donnent ce caractère déjà traditionnel qui les inscrit hors du temps : guitare acoustique, basse, piano, violon et violoncelle, quelques cuivres et l’indétrônable Hammond. Tout est dit, chanté et joué en finesse, dans une parfaite maitrise musicale et émotionnelle. La voix s’exprime en effet dans la douceur, chaleureuse et voilée juste ce qu’il faut d’une belle âpreté, comme en témoigne Elena, cette « réplique d’une héroïne épique de manga ».

L’artiste, autodidacte et repéré sur My Major Company par le fils Goldman, a la plume facile. Il est à l’aise dans les jeux de mots, qu’il affectionne. Humour et détachement masquent à peine leur fatalisme sous-jacent. Thomas Pradeau est un véritable auteur, à découvrir. S’il est moins à l’aise, musicalement, sur un titre un peu plus rock comme L’hôtesse de l’air, assurément moins réussi, il se rattrape sur le très radiophonique T’aimer tue, dont le refrain est d’une redoutable efficacité et qui déjà bien tourné sur les ondes cet été.

On peut toutefois regretter que les thèmes abordés manquent parfois d’originalité, comme celui de la dualité dans Le voici me voilà, déjà si bien traité par Gainsbourg ou Renaud. Mais il est probable qu’ils évoluent au fil du temps, car un auteur d’une telle personnalité ne saurait se contenter d’écrire des chansons d’amour sur l’absence, le manque ou la rupture, fut-ce avec impertinence et talent.

Rares sont les auteurs-compositeurs-interprètes qui savent allier l’exigence de la facture classique à la modernité de l’écriture. Thomas Pradeau en fait partie. Il ne fait aucun doute que c’est un artiste dont on parlera de plus en plus dans les années qui viennent, car le talent, devenu si rare, finit toujours par faire son chemin.

À écouter impérativement !

Achetez l'EP Le voici me voilà



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