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ARTISTES, Les vaches à lait du social networkMUSIQUE

Posted by Le blog de Sylvain Moraillon Thu, January 04, 2018 16:43:19

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L’industrie de la musique a été terrassée, d’abord par l’effondrement des ventes de disques, ensuite par l’accès au tout gratuit, presque équivalent à la logique du téléchargement légal, depuis que Steve Job, ce héros des temps modernes, a imposé aux compagnies du disque de vendre le mp3 au prix exorbitant de 0,99 cents. Autant dire qu’en terme de pillage, c’était du grand art. Je m’excuse par avance auprès des fans de Steve Jobs, mais chacun doit assumer ses actes face à l’histoire, et les faits sont là, tels que relatés dans son propre biopic.

Le piratage, en tuant la valeur financière et culturelle de la musique, a non seulement privé les artistes et l’industrie de leurs revenus, mais les a également dépossédés du prestige qui leur était dévolu au regard de leurs aptitudes à la création, ce « tout petit supplément d’âme » que chantait France Gall, qui fait que non, tout le monde n’est pas, et tout le monde ne peut pas être un artiste, un producteur, ou un directeur artistique. Entreriez-vous dans une boulangerie pour prendre votre pain gratuitement, sans gêne devant votre commerçante préférée ? Iriez-vous chez Renault, prendre leur dernier modèle, sans le payer, et en repartant fièrement au volant la fleur aux dents ? Vous le pourriez sans doute, à condition que les pouvoirs publics vous y autorisent, de manière active ou passive, c’est-à-dire si la police n’intervenait pas en cas de vols et que vous ne risquiez pas de passer au tribunal. C’est pourtant ce que l’on a fait à l’industrie de la musique : on a laissé les voleurs de sacs à main prendre tout ce qui était à leur portée sans intervenir, donc en leur accordant la bénédiction des divers pouvoirs successifs en place depuis maintenant plus de 15 ans !

La fragile, fantomatique et décriée loi Hadopi a montré les limites de la volonté politique dans ce domaine. La seule tentative réelle de mettre un terme à cette escroquerie mondiale s’est rapidement trouvé confrontée à la frilosité des élus, qui ont si peur d’appeler un chat un chat, parce qu’un voleur, c’est toujours une voix potentielle. Ce n’est pas seulement une honte, c’est aussi et surtout une faute politique, culturelle et économique impardonnable : tant d’emplois sacrifiés, de richesses abandonnées au moins offrant, de productivité broyée ! L’argent de la musique, qui n’existe plus, ne peut plus être redistribué dans l’économie réelle. La disparition subite de la plupart des majors de l’industrie a laissé tout le monde sur le carreau. Celles qui survivent sont sans cesse sur le qui-vive, et dans la peur que leur tour arrive. Pourtant, les propos de Pascal Nègre éclairent le public et l’opinion sur une réalité bien évidente : aucun artiste ne peut faire une véritable carrière sans le soutien d’une maison de disque. En spoliant les artistes, Steve Jobs et les pirates du monde entier ont aussi dépouillé ceux qui donnaient aux artistes les moyens de vivre et d’être produits. Aucun autre métier, à notre époque, n’a subi un tel mépris de la part du public et des autorités : le cinéma continue à vendre des billets, et les jeunes achètent toujours des jeux vidéos.

La conséquence réelle apparaît aujourd’hui très clairement : les artistes, pour ce qu’il en reste, sont devenus les vaches à lait des social networks. Ils doivent payer pour tout, s’exposer, se faire entendre, attirer l’attention, gagner des fans, envoyer leurs titres aux radios, faire des communiqués de presse, gérer une newsletter, avoir accès à la distribution digitale. L’abime financier est sans fond, car ils doivent aussi et surtout, avant même de « communiquer », se ruiner pour enregistrer leur musique… Mais que dis-je ? Où enregistrer, d’ailleurs, puisque la plupart des studios ont également passé l’arme à gauche au cours de ces dernières années. Si jamais ils y parviennent néanmoins, à grands renforts de crowfunding et d’argent donné par la grand-mère de leur band, Facebook, Google, Youtube et tant d’autres, s’empresseront de leur demander encore plus d’argent, alors qu’ils vivent grâce aux contenus qu’ils leur fournissent, simplement pour faire connaire un «événement », apparaître décemment sur le moteur de recherche, ou glaner plus de vues sur leurs vidéos. Il faudra encore qu’ils achètent des like, des espaces de promotion, et dieu sait quoi encore.

La démultiplication des "services" aux artistes, principalement sur la toile, montre à quel point on les prend pour la poule aux œufs d’or, et la logique est imparable : puisque le public, habitué à la gratuité, n’achète plus la musique, c’est aux artistes de payer pour la faire et la faire circuler. On vendait autrefois la musique au public, on vend désormais le public aux artistes. Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que désormais, les groupes qui veulent se produire sur scène doivent soit jouer gratuitement, soit financer de leur poche la production de leur spectacle, et la promotion qui s’en suit. La démarche est fort coûteuse, et peu rentable. Il est temps, il est grand temps que les artistes et l’industrie tout entière reprennent leur destin en main. L’ère de la gratuité s’achèvera bientôt. Des start-up devenus des multinationales ne pourront pas continuer à engranger des milliards sur le dos des artistes et des producteurs, sans que la roue ne tourne : il suffit que les stars mondiales de la musique se mettent soudainement à boycotter Youtube, et qu’en restera-t-il ? Une faillite à la Lehman Brother, exemplaire, radicale, stupide. Artistes ou producteurs, indépendants ou majors, nous ne devons plus accepter que notre travail, nos efforts, nos investissements soient ainsi réduits à néant pour des profits jamais redistribués. Il n’est pas tolérable que l’on puisse impunément, en regardant n’importe quel vidéo sur Youtube, en récupérer la chanson ou la musique qui l’accompagne, gratuitement, et la télécharger ensuite sur son ordinateur ou son téléphone portable, comme le font aujourd’hui les adolescents du monde entier grâce à de petites applications elles aussi gratuites. Qui autorise cela, et qui laisse faire ? Plus l’industrie de la musique agonise, plus ceux qui en profitent se renforcent.

La question que l’on peut légitimement se poser, c’est pourquoi Steve Jobs n’a pas imposé aux distributeurs Apple de vendre ses ordinateurs à 10 euros ?

La musique n’a pas de prix. C’est pour cette raison qu’il faut l’acheter.









FONTENAY AUX ROSES - Histoire d'une ritournelleMUSIQUE

Posted by Le blog de Sylvain Moraillon Thu, January 04, 2018 16:40:17

HISTOIRE D’UNE RITOURNELLE -
MAXIME LE FORESTIER - FONTENAY AUX ROSES

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Il en va des chansons comme des personnalités : certaines traversent les époques pour s’inscrire dans la conscience collective. Elles seront jouées, reprises et chantées, des décennies après leur création, par les guitaristes en herbes, les amoureux de la langue, les artistes reconnaissants ou nostalgiques. Parfois même, récompense suprême pour leurs auteurs, elles seront étudiées à l’école.

Le répertoire de Maxime Le Forestier nous lègue ainsi quelques perles, qui font désormais partie du patrimoine, tout particulièrement les chansons de son premier album, Mon frère, sorti en 1972. Reflet d’une nouvelle génération, ou peut-être plus amplement d’une époque, il semble tout entier touché par la grâce, emprunt d’une rare poésie où le sens du mot juste épousait encore la virtuosité de mélodies inoubliables.


Fontenay aux roses est l’une de ses œuvres intemporelles. Valse souvent revisitée, comme par Stanislas sur l’album hommage La maison bleue (2011, ©Polydor), le texte fut écrit par le parolier Jean-Pierre Kernoa. C’est dans le Journal de l’écrivain Paul Léautaud qu’il en trouva l’inspiration.

En effet, lorsqu’il quitta Paris en 1911, Léautaud vint s’installer avec sa compagne du moment, Blanche, à Fontenay aux roses. Il vécut d’abord rue Ledru-Rollin, au numéro 19, puis dès 1912, prit ses quartiers au 24 rue Guérard, adresse à laquelle Blanche avait tout d’abord tenté de créer une pension de famille qui s’avéra peu rentable. Il y restera d’ailleurs 44 ans, jusqu’à sa mort à Chatenay-Malabry dans l’ancienne maison de Chateaubriand.

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La maison de Paul Léautaud à Fontenay aux roses

Le mode de vie de Léautaud, qui traversa ces décennies dans un dénuement intense, entouré d’animaux innombrables, dont Guenette, sa guenon, lui valut le surnom d’ « Ermite de Fontenay ». On sait par ses écrits, ses interviews avec Robert Mallet et les nombreux témoignages des fontenaisiens d’alors, à quel point Léautaud détestait la gent humaine. Associable au plus haut point, misogyne et d’une intolérance fascisante, antisémite et collaborateur ou pro allemand selon son humeur, devenu érotomane après la quarantaine, on sait également qu’il avait une vie sexuelle peu orthodoxe, racontée en détail dans son Journal particulier.

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« C’est la première fois que je suis amoureux

De tout un pensionnat. »

Kernoa a donc fort joliment romancé les choses. La maison de la rue Guérard où vivait Léautaud se trouve en effet très éloignée du pensionnat en question. Et pour cause, ledit pensionnat était en réalité l’Ecole normale supérieure de Fontenay,, créée en 1880 par un décret de Jules Ferry, qui formait alors les futures institutrices à l’enseignement en école primaire. Elle est aujourd’hui devenue la résidence universitaire Olympe de Gouge, avenue Lombart, à proximité de la gare de Fontenay aux roses. L'ENS, elle, a été déménagée à Lyon.

Le narrateur ne pouvait donc voir passer toutes ces jeunes filles à « l’angle de (sa) rue. » Plus probablement, dans les faits, Léautaud, dont le voyeurisme était légendaire, devait profiter de ses allers-retours quotidiens au Mercure de France, où il travaillait et se rendait en train, pour s’offrir le si doux spectacle à ses yeux de ces « petites » qu’il « devinait nues un roman à la main » en « s’imaginant des choses insensées ».

C’est tout le talent des grands créateurs : sublimer un quotidien des plus prosaïques pour un tirer un chef d’œuvre de poésie qui traverse le temps et l'histoire. La composition de Maxime Le Forestier et le texte de Jean-Pierre Kernoa en constituent l’accord parfait, en rendant, par incidence, hommage à la charmante ville de Fontenay aux roses.

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RENAUD, LE DERNIER POÈTEMUSIQUE

Posted by Le blog de Sylvain Moraillon Thu, January 04, 2018 16:29:30

Il s’est écoulé dix ans entre Rouge sang et son nouvel album. Dix longues années de silence, d’attente, d’inquiétude, d’articles douteux, vrais ou faux, bienveillants ou cyniques, nous exposant ses déboires, avec l’alcool, avec la vie, avec les femmes qu’il n’a plus, avec lui-même. Hormis l'intermède Molly Malone, dix longues années de tristesse, parfois, à se demander s’il nous reviendra, s’il s’en sortira, s’il a toujours la rage, la haine, la verve, l’envie, le besoin, l’amour, la colère…


Mais Renaud s’en sort toujours. Parce qu’il a des enfants, et des amis, dans l’amour desquels il trouve la force de réagir. Parce que nous sommes là, comme il l’est pour nous, depuis 1975. Et parce que c’est le dernier poète de notre époque. Mistral gagnant, chanson préférée des français toutes catégories confondues, Renaud, l’anar reconverti en parrain de la chanson, a explosé tous les records. C’est notre ami à tous, notre poteau, notre frangin. Pendant quatre décennies, il a nous fait rire, pleurer, réfléchir. Aimer, aussi. Il nous a permis d’exulter nos colères, de sortir de nos solitudes, de hurler nos injustices. Son regard, tour à tour acide ou nostalgique, sombre ou fraternel, est aussi le nôtre. Un peu. Depuis l’origine, il dit pour nous ce que l’on nous impose de taire, ce que l’on nous empêche de dire. Nous avons partagé ses humeurs, ses coups de sang, ses engagements, souvent aussi profonds qu’excessifs, comme lorsqu’il partait chanter en Russie ; nous avons mêmes goûté ses lubies, comme lorsqu’il rêvait de faire le tour du monde en bateau.

Notre vie à nous, sans ses chansons ni sa personnalité, n’aurait pas été tout à fait la même, assurément. Dans Société tu m’auras pas, il jurait qu’il ne serait jamais « récupéré ». Une utopie parmi d’autres, un sens, peut-être, parmi tant d’absurdités. Souvenons-nous de l'époque où il devint indésirable dans les médias. Puis le temps, comme d’habitude, fit son œuvre. Son retour, encore un, dévastateur, avec Manhattan Kaboul, l’assit définitivement au rang de star de la chanson française. L’incontournable Renaud se taisait pendant des années, mais chaque fois qu’il l’ouvrait à nouveau, il faisait un carton. Plus personne ne pouvait lutter.

Son secret, c’est la fidélité de son public, parce qu’il a tissé avec lui des liens si forts au fil des années qu’aujourd’hui, il est l’un des seuls chanteurs de sa génération dont même les jeunes connaissent les chansons, parce que leurs parents les leur ont transmises. Renaud l’imprévisible nous rassemble tous et nous l’aimons. Même quand il dit des conneries. Chanteur faussement voyou, faussement méchant, faussement chanteur, mais au vrai grand cœur, toujours, à la plume vicieuse et incessante, si généreuse, comme lui qui achetait des maisons qu’il n’habitait jamais et prêtait aux copains.

J’ai embrassé un flic.

Le titre d’ouverture sonne comme une provocation pour les fans de la première heure. Il est loin le temps où Renaud chantait :

Y'a pas qu'les mômes, dans la rue,

Qui m'collent au cul pour une photo,

Y'a même des flics qui me saluent,

Qui veulent que j'signe dans leurs calots.

Moi, j'crache dedans, et j'crie bien haut

Qu'le bleu marine me fait gerber…

(Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ? - Marche à l’ombre, Polydor,1980)

Nous avons changé d’époque, prétend-on ; il a évolué, prétend-il. Au son de la trompette de Jean-François Berger, il a trouvé un flic qui « avait l’air sympathique ». Michel Ohayon, qui tient les guitares et a composé une musique entrainante rappelant Le Sirop de la rue, a fort bien servi le texte. Une entrée en matière parfaitement juste dans la facture et l’intention : Renaud est de retour, et la chanson suivante, Les mots, le confirme. Cet hommage magnifique aux auteurs est un aveu. C’est sa plume qui aide Renaud à supporter son passage sur terre, qui « rend la vie moins dégueulasse ». Le cœur parle, sans fausse pudeur, et c’est d’ailleurs l’une des plus belles qualités de cet album sans nom : aucun trucage, aucune tricherie. Piano, guitare, accordéon. Renaud a vieilli, son monde intérieur a changé, le notre aussi. Tout est authentique. De la tendresse, et tant de nostalgie !

Il nous émeut par sa sincérité, sa fausse simplicité, ses vérités toujours bonnes à déranger, juste de la simple sagesse. Il est décidément « Toujours debout », ressuscité encore une fois, revenant de nulle part et de partout, après avoir visité tous les recoins perdus de son âme coléreuse et chimérique, écorchée par ses propres désillusions. La belle Héloïse, poétique à rêver, nous emmène en voyage romantique à Venise, avec sa petite-fille, loin des « cités qui s’amenuisent ». Ohayon toujours aux guitares, discrètes et vigoureuses, et Jean-François Berger, l’homme-orchestre, cette fois à l’accordéon. La facture est toujours au rendez-vous, simple, jolie, efficace.

Après avoir passé « la Nuit en taule, et la journée aussi hélas », ambiance banjo et cajun, Renaud parle au Petit bonhomme pour lequel il frissonne. Une belle balade en hommage à son fiston, Malone, dans laquelle, d’un seul coup, on retrouve toute sa tendresse et sa fragilité : des arrangements subtils et dépouillés, que le hautbois de Joost Gils rend très aériens. Mais Renaud ne pouvait évidemment pas sortir cet album sans une chanson sur l’Hyper Casher, car : « C’était la guerre tout près du métro Saint-Mandé ». Des cordes sublimes, des arpèges de guitare délicats, l’accordéon en écho à un texte où chaque mot est indispensable et juste.

La voix, chevrotante, certes, tremblante, déraille parfois, témoin de tous les abus de tabac et d’alcool du chanteur, de ses excès émotionnels, de ses blessures, d’amour, des cicatrices de ses doute, des fractures de ses lointaines bohèmes. Lourde, abimée, notamment sur Mulholland Drive, où ressurgissent soudain les guitares électriques, elle n’en est que plus vraie, plus sincère que jamais. Le contraste avec la légèreté du refrain est saisissant, tant sa fragilité produit un effet de profondeur inattendu.

Renaud aborde à son habitude des thèmes contemporains : dans Dylan, composé par son vieux complice Alain Lanty, qui a le goût des refrains efficaces, il rend hommage à un adolescent emplatané par la faucheuse en sortie de boite alcoolisée. (Il avait d’ailleurs écrit la chanson il y a longtemps, pour le deuxième album de Romane Serda, Après la pluie, en 2007, chez Virgin). Dans Petite fille slave, où l’on reconnaît la belle patte de Renan Luce, il évoque l’exploitation sexuelle des jeunes filles de l’est mises sur le trottoir de notre capitale, par des « mafieux, intouchables, protégés». Le dernier titre, Ta batterie, écrite pour son fils Malone, est une chanson particulière. Elle porte à la fois quelque de tendre et de désespéré, de la profondeur et de la légèreté, contrairement au slam harponnant et hyper sexué de la piste cachée, provocation gratuite et c'est tant mieux..

Il y a quelque chose de plus pudique qu’à l’accoutumée dans cet album, et une économie de moyens toute brélienne dans les arrangements et la réalisation de Michel Ohayon. Des mélodies faciles, c'est évident, mais surtout, moins de colère et de violence, plus de nostalgie : les coups de gueule laissent la place à la lassitude, presque au renoncement, comme en témoigne La vie est moche et c’est trop court, dans laquelle on retrouve la verve désespérée du chanteur, toujours en quête d’amour et d’un monde meilleur. Cette chanson sur la solitude, lancinante, sans emphase, juste ritournelle où reviennent les fantômes des amis disparus, est sans doute la plus emblématique de sa mue intérieure.

Le chanteur autrefois énervant s’est volontiers rangé à l’avis de l’une de ses fans qui l’avait comparé au phœnix. Mais l’écoute de ce nouvel album inspire plutôt l’image du sphinx : sage et désabusé, immobile et clairvoyant, Renaud est incontestablement notre dernier poète.

Il faut lui pardonner. Aimons-le debout.

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Renaud (Toujours debout), Parlophone, 2016

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AD ASTRA, le rock'n rêve françaisMUSIQUE

Posted by Le blog de Sylvain Moraillon Thu, January 04, 2018 16:25:08


Ils sont trois, ils sont jeunes. Ils sont intelligents, ils ont du talent et ils sont rock’n roll. Yann, Lucas et Quentin rêvent de s’envoler vers les étoiles. C’est d’ailleurs le nom de leur groupe, en latin s'il vous plaît :

Ad Astra (per aspera)

“Vers les étoiles ( à travers les obstacles)”

Ça commence toujours comme ça : l’aventure de trois copains, qui, après avoir longtemps travaillé séparément dans des groupes sans avenir, décident de se réunir et de se mettre sérieusement à faire de la musique. Ensemble. En 2013, signe des temps, ils se rencontrent, d’abord par internet, puis bientôt en studio. L’alchimie est immédiate et durable : ils décident qu’il n’y aura aucune limite, aucun répit, « aucune trêve pour leurs rêves ».

Ils ont raison. Il y a quelques mois, ils se sont déjà illustrés en enflammant le Bus Palladium. Un groupe qui ne triche pas, comme on en entend peu à l’heure actuelle. Un groupe qui ne cherche pas à fabriquer de la musique. Mais qui la fait.

Du rock, lourd, pur, sans fioriture : ça joue dans l’énergie, chacun à sa place, et ça donne envie de se plonger l’âme et le corps dans leurs guitares néo-muséennes pour un bon bain de saturation électro-acoustique. Yann, le chanteur, Le Nen de son nom, a sans doute beaucoup écouté Bashung, dont on retrouve les intonations profondes et l’intensité. Charmant défaut de jeunesse, qu’il corrigera dans la fumée londonienne de leurs futures années de concerts. Mais il y a également, dans cette voix obsédante, un flagrant écho de Bertrand Cantat, quand il commence à sortir ses tripes et nous montrer ce qu’il a dans le ventre. On entend des fêlures, des cassures, de la rage, un peu. Et beaucoup de sensibilité. Quelque chose qui vient de l'intérieur...

Ils n’ont pas la folie des grandeurs, pourtant. Au contraire, ils ont une qualité devenue bien rare chez les musiciens d’aujourd’hui, qui a pourtant toujours été la marque des grands : l’humilité. Même dans leurs textes, elle s’exprime. Le sens du mot juste s’allie à une sourde modernité d’écriture, ponctuée par des saillies cinglantes, mais toujours accessible, émotionnelle, presque charnelle : « Sans aucune peur tu m’as saigné… »

Dès leur premier titre, La flamme, le ton est donné : la batterie de Quentin Garreau envahit l’espace et le temps. C’est leur vaisseau spatial. La basse de Lucas Nilsson, elle, adoucit l’ambiance en liant les violences parallèles du morceau, en montrant ses beautés harmoniques. Personne ne fait semblant.

Ad Astra emmène aussitôt l’auditeur dans son univers et prévient : « Nous irons jusqu’au bout. » De la nuit, mais surtout de leur rêve, auquel ils tiennent tant. Paradoxalement, il y a quelque chose de quantique dans leur musique. Elle sonne comme la théorie du chaos quand le chaos s’organise pour nous donner le frisson.

Dans Un Royaume, leur second titre, plus lancinant, la voix se lâche un peu. Les breaks aussi. On s’éloigne de Bashung pour se rapprocher de Noir Désir :

« Tu joues la reine et je fais le roi… »

Les guitares s’entremêlent dans la déchirure d’un amour condamné, l’atmosphère pré-apocalyptique de la fin « d’un royaume qui n’existe pas. » Titre d’ambiance prometteur pour la suite, Un royaume ne fait aucune concession au formatage exigible de la musique de supermarché pour forcer les barrages radio. La sincérité prévaut dans ce que la chanson doit porter, du sens et de l’émotion, de l’énergie et du désespoir, de la colère vraie pour transcender l’envie de vivre, pleine « de fureur ».

Comme une invitation à les suivre à bord de leur vaisseau, le mot partage est omniprésent dans la démarche des jeunes musiciens. D’ailleurs, leurs premiers titres sont disponibles en téléchargement gratuit, en échange d’une simple inscription à leur newsletter sur leur site internet : http://adastraofficial.com /

Très actifs, ils publient un nouveau vlog chaque semaine sur leur chaine Youtube, pour permettre à leur public, chaque jour plus grand, de suivre l’évolution de leur travail en direct. Ad Astra est un groupe à découvrir, prometteur et dont l’avenir nous parlera sûrement. Yann, Lucas et Quentin ont décidément envie de voyage.

Nous leur souhaitons un long chemin à travers les étoiles.

http://adastraofficial.com/

https://www.facebook.com/adastragroupe/

https://twitter.com/adastra_groupe

https://www.snapchat.com/add/adastragroupe





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CHRISTOPHE, LES VESTIGES DU CHAOSMUSIQUE

Posted by Le blog de Sylvain Moraillon Thu, January 04, 2018 16:17:37

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Il y a des albums uniques dans la carrière des artistes. Ils peuvent surgir à n’importe quel moment, de la manière la plus inattendue, comme une offrande au monde après un long silence. Christophe, prince flamboyant parmi les ombres, a sans doute réalisé, avec Les Vestiges du Chaos, son plus bel album. Celui de la maturité, orchestrale, vocale, mélodique. Il s’est hissé au-dessus des autres, et de lui-même, comme s'il avait mis fin à une certaine errance, ou peut-être, enfin, trouvé quelque chose.

Dans le paysage musical actuel, le 13ème opus du crooner pop détone. Par sa profondeur, d’abord. Par sa perfection, ensuite. Christophe n’avait pas produit de nouvel album depuis bientôt huit ans. 8, comme l’infini, qu’il a dû parcourir dans l’intervalle pour y découvrir, au fil de ses escales, des perles comme Drone, ou Dangereuse. L’album tout entier est un voyage dans l’espace-temps, qui nous aimante jusqu’aux centres pluriels de son amplitude. Christophe a rencontré le soleil quelque part dans sa nuit existentielle, qu’il chérit tant, et il revient plus lumineux, plus incandescent que jamais. Poète rock romantique, anarchiste harmonique, inclassable, indéfinissable, inatteignable, il joue désormais du clavier dans la stratosphère. « Je suis le plus embrasé », nous avoue-t-il, dans Définitivement. On le sait, on le sent, on l’entend. On le voit, même, de si près qu’on a l’impression de pouvoir le toucher. Et tout est là, dans cette illusion.

Des tableaux de rencontres, des histoires d’amour vouées à la finitude, l’omniprésence du temps qui passe donnent à l’album une gravité inattendue. Christophe repeint inlassablement le même tableau avec mille teintes différentes, la vie qui s’écoule sans retour, en filigrane, et dont il faut pourtant tenter de conquérir, sans cesse, la poésie et la beauté. Il réussit là où tant d’autres échouent, à unir les machines et l’émotion, à fondre la chanson française, dans laquelle il reste malgré tout solidement ancré, à des programmations étonnantes de fluidité.

" Tout en moi voudrait que tu demeures…"

Même sa voix, pourtant capable de largeurs, se prend à frissonner, à mesurer chaque émotion de manière presque chirurgicale. Fragile, dans un souffle pudique, elle trahit discrètement une certaine innocence retrouvée, comme dans Les mots fous. Parfois, c’est le son d’un piano qui vient s’inventer de nouvelles raisons d’être, brisant le monopole des synthétiseurs et des effets si nombreux, si habilement employés. Chaque nouvelle séquence apporte une surprise auditive : ambiances, rythmes, influences, phrasé mélodique.

Jean-Michel Jarre a écrit le texte sur Les Vestiges du Chaos, et finalement, si l’album porte précisément le nom de cette chanson, c’est parce que l’expression elle-même, outre qu’elle soit forte et très évocatrice, en résume parfaitement le caractère absolutiste. Rien ne résiste à l’écoulement des secondes, des minutes, des années, des décennies. De tout ne reste que les rencontres, fortuites, passionnées, vitales. C’est d’elles qu’est fait cette album, où l’on retrouve à la fois Lou Reed, dans Lou, et Alan Vega, le chanteur du groupe Suicide, son idole, avec lequel il s’offre un duo sur Tangerine. Le titre sonne étonnamment club, il est probable qu’il soit rapidement repéré par quelques DJs en quête de curiosités.

Au fil des chansons, on croise des plumes talentueuses, comme celle de Claire Le Luhuern, Maud Nadal ou Laurie Darmon. Des voix, celles de Julia Pello, de Nora Arnezeder, ou encore Anna Mouglalis. Le mélange des genres et des influences se prolonge ainsi dans la vaste équipe qui a participé à l'architecture du projet.

"En moi va l’irréversible."

Pour Christophe, comme pour Bashung, qu’on a l’impression d’entendre dans la surprenante introduction des Vestiges du chaos, la forme sonore des mots compte bien davantage que leur sens, presque parfaitement secondaire. L’enveloppe du son, parlé ou chanté, importe avant tout. Par quel miracle cette forme de poésie si difficile à travailler en chanson, matière peu propice au surréalisme, parvient-elle à nous atteindre jusque dans notre intimité émotionnelle et cognitive, c’est exactement ce qui constitue le mystère de la création. Chacun des titres de cet album est d’ailleurs une superposition d’univers parallèles, reliés les uns aux autres par un fluide invisible, fait de silences, d’absences, de non-dits qui, paradoxalement, mettent en exergue l’intensité de ce qui ce qui nous est subtilement montré, la part visible d’une âme complexe et musicalement libre.

Les chansons s’égrènent, encore le temps qui passe, dans un effet peut-être involontaire ou inconscient, mais palpable. Christophe, grand amoureux du cinéma, réalise pourtant des tableaux avant tout. Chaque titre s’impose comme une peinture, longuement travaillée pour atteindre à la perfection sonore, mariant les touches de couleurs et les teintes lumineuses indéfiniment dans un esthétisme pictural qui fait, qu’à 70 ans, il est l’un des artistes francophones les plus modernes de notre époque.

De collaborations en hommages, de chœurs en programmations, plusieurs studios d’enregistrement ont été mis à contribution. La réalisation elle-même entrelace les talents et les compétences de Christophe lui-même, mais également de ses complices Clément Ducol, Maxime Le Guil et Christophe Van Huffel, guitariste qui accompagnait déjà le chanteur à l’Olympia en 2002, et qui avait également éalisé pour son compte Aimer ce que nous sommes en 2008. La sublime ouverture d’E justo, titre d’une rare originalité, un peu à part dans sa conception, en témoigne.

Somptueux et d’une grande richesse, Les Vestiges du chaos fait partie de ces rares albums qu’il faut impérativement avoir à portée de main, pour l’écouter, encore et encore, afin de s’imprégner de la magie dont il est façonné et tenter d’en comprendre le mystère. Assurément, il prouve que l’exigence artistique que s’impose les créateurs respectueux de leur propre talent permet encore de produire des œuvres qui feront date.

À découvrir sans attendre.

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THOMAS PRADEAU : LE VOICI ME VOILÀMUSIQUE

Posted by Le blog de Sylvain Moraillon Thu, January 04, 2018 16:13:15

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C’est vrai qu’il chante un peu comme un titi parisien. C’est d’ailleurs ce qu’il est, un enfant de Montmartre. Thomas Pradeau a même parfois les allures musicales d’un Thomas Dutronc. Il est rarement flatteur de comparer un artiste à un autre, mais en l’occurrence il s’agit d’un même genre auquel les deux interprètes appartiennent, une sorte de nouvelle chanson française qui reprend paradoxalement les manières d’écrire et de chanter d’autrefois.

Mélangeant l’insolence, la nonchalance et l’énergie, il sort l’EP Le voici me voilà, en 2014, sur le label Sherpa Music. Il contient 6 titres coréalisés avec Steven Forward dont la qualité apporte un peu de fraicheur en cette période de désarroi musical. Il y a quelques perles, comme Paris sans ta voix, quand on a « menti les je t’aime » et qu’il ne reste plus qu’à boire « à ses nuits qui nous baisent »…

Les arrangements efficaces et dépouillés qui enrobent les titres leur donnent ce caractère déjà traditionnel qui les inscrit hors du temps : guitare acoustique, basse, piano, violon et violoncelle, quelques cuivres et l’indétrônable Hammond. Tout est dit, chanté et joué en finesse, dans une parfaite maitrise musicale et émotionnelle. La voix s’exprime en effet dans la douceur, chaleureuse et voilée juste ce qu’il faut d’une belle âpreté, comme en témoigne Elena, cette « réplique d’une héroïne épique de manga ».

L’artiste, autodidacte et repéré sur My Major Company par le fils Goldman, a la plume facile. Il est à l’aise dans les jeux de mots, qu’il affectionne. Humour et détachement masquent à peine leur fatalisme sous-jacent. Thomas Pradeau est un véritable auteur, à découvrir. S’il est moins à l’aise, musicalement, sur un titre un peu plus rock comme L’hôtesse de l’air, assurément moins réussi, il se rattrape sur le très radiophonique T’aimer tue, dont le refrain est d’une redoutable efficacité et qui déjà bien tourné sur les ondes cet été.

On peut toutefois regretter que les thèmes abordés manquent parfois d’originalité, comme celui de la dualité dans Le voici me voilà, déjà si bien traité par Gainsbourg ou Renaud. Mais il est probable qu’ils évoluent au fil du temps, car un auteur d’une telle personnalité ne saurait se contenter d’écrire des chansons d’amour sur l’absence, le manque ou la rupture, fut-ce avec impertinence et talent.

Rares sont les auteurs-compositeurs-interprètes qui savent allier l’exigence de la facture classique à la modernité de l’écriture. Thomas Pradeau en fait partie. Il ne fait aucun doute que c’est un artiste dont on parlera de plus en plus dans les années qui viennent, car le talent, devenu si rare, finit toujours par faire son chemin.

À écouter impérativement !

Achetez l'EP Le voici me voilà



LA CHANSON DE SOLVEIGMUSIQUE

Posted by webmaster Thu, January 04, 2018 16:09:00

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On peut venir tardivement à la musique. Ou plutôt, la porter depuis toujours, l’avoir refrénée des années durant, puis céder au besoin irrépressible de l’exprimer publiquement. Parce qu’on la porte en soi, parce qu’elle doit rejaillir et se partager avec les autres, ceux qui l’écoutent, ceux qui l’aiment, ceux auxquels elle fait encore du bien. En réalité, Solveig a toujours chanté, composé, écrit. Danser, même, ou fait du théâtre. Polyvalente et passionnée, elle s’est finalement jetée dans le grand bain en 2015 en commettant son premier album, « Bienvenue 2.0 ». Produit par Kalista, il a récemment été réédité avec quatre titres bonus pour le plus grand bonheur des « funs » de Solveig, comme elle aime à appeler ses fans.



Solveig est un soleil. Lumineuse, brillante, elle chante comme elle écrit, avec intelligence. Elle ouvre les bras au public, avec humilité. D’ailleurs, le single extrait de son premier album s’appelle tout simplement « Bienvenue ». Le clip est frais, avec juste ce qu’il qu’il faut de pointe d’audace, pour nous rappeler que les artistes sont là, aussi, l’air de rien, pour transgresser – un peu.

C’est ce qui rend ses textes si percutants, leur douce insolence, leur détachement, leur ironie. Tout est en filigrane, nous obligeant à l'écouter, pour notre plus grand plaisir.

L’artiste multiplie les genres musicaux, ce qui la distingue, indéfinissable : jazz, pop, funk, soul, chanson à textes, le tout dans un mélange d’une cohérence étonnante. Elle se complait dans des rythmes bien souvent chaloupés. Elle nous donne alors envie de nous déhancher, puis, soudain, nous enveloppe dans une voix sensuelle capable de nous emporter très loin, comme lorsqu’elle reprend Halleluja en concert et que la profondeur de ses graves semble s’enraciner dans une vibration ancestrale venue du cœur des âges. Graves, du reste, qu'elle devrait exploiter, et explorer davantage.

Étonnante, vraiment, cette artiste hors des rangs.

Il y a sur l’album de forts jolis titres, comme « Fais tourner la terre », dont la réalisation acoustique est particulièrement réussie. Son acolyte, René de Waël, arrangeur et réalisateur de la majorité des titres, avec elle, l’a bien servie. Elle aime les chœurs, les belles guitares, les sonorités chaudes - et l’autodérision. « Un petit seau d’eau sur mon égo, et puis, je réfléchis. (Un p’tit coup de vent) » ou encore, « Je crois bien que je cours après tout et n’importe quoi (Je cours) ». Solveig a une manière bien à elle de sublimer les thèmes du quotidien (« Mon chat »), en les ornant de sa poétique délicatesse. « Je vole » vous emmène à bord de l’avion, au-dessus de l’océan, léger comme le vent face aux grandes étendues.

Sur scène, c’est encore une autre facette du personnage qui s’exprime. Une silhouette reconnaissable entre toutes, très percussive, agrémentée d’une gestuelle qui trahit, au contraire des doutes égrenés par sa plume, une grande confiance en soi. Ou peut-être, plus vraisemblablement, le bonheur de chanter, d’être enfin à sa place face au public. Ses mains s’amusent sur son clavier, pianotent, tapotent, frappent quelquefois. Son corps tente se maitriser dans un souci de rectitude et d’équilibre, qui, paradoxalement, se réinvente dans un mouvement artistique et cadencé. Le répertoire varie entre les reprises des standards de la soul, du jazz ou du funk, et les chansons originales, avec une fluidité parfaitement naturelle.

La pétillante Solveig a déjà plus d’une centaine de concerts à son actif en France et en Europe. Elle se produit régulièrement à Paris. Son album, « Bienvenue 2.0 », est disponible sur les principales plateformes de téléchargement. Et le public ne s’y trompe pas : elle a ainsi réussi à financer son premier clip grâce à une campagne de crowfunding couronnée de succès sur Kisskissbangbang.

Si vous l’écoutez, et si vous allez la voir sur scène, ce qui est encore le mieux, vous en tomberez forcément amoureux.

http://www.solveig-officiel.com



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LE "MESSAGE" DE MARJORIE LANTZMUSIQUE

Posted by webmaster Thu, January 04, 2018 15:59:47


Marjorie Lantz
, c’est avant tout une passion vivante. Celle du chant, et de l’amour, porté comme une force invincible au-delà du chaos, par une voix d’une rare sensibilité. Son premier album, Messages, disponible depuis le 13 avril dernier, est le reflet d’une personnalité multicolore : entre douceur et violence retenue, entre colère sage et mansuétude, entre pudeur et sincérité.


Cet album, il lui aura fallu des années pour le faire. Au fil des rencontres, des tentatives avortées, des doutes et de l’espoir, Marjorie a chanté partout, devant tous les publics, dans toutes les conditions, pour s’essayer, s’aventurer, se parfaire. Toujours avec la même conviction, et la même énergie, habitée qu’elle a toujours été par la certitude que son destin l’appelait devant le micro, et que ce premier album tant attendu, tant fantasmé, finirait par voir le jour. C’est chose faite, et avec grand bonheur, car une belle surprise est au rendez-vous. L’opus comporte dix chansons, 5 en anglais, 5 en français. Marjorie a toujours mélangé les deux langues dans ses concerts, partagée entre la chanson française et la pop anglo-saxonne, qui l’inspire et dont elle a hérité une certaine manière de chanter, élégante et envolée. Il y a de la puissance dans cette voix, aujourd’hui à maturité, mais également un certain lyrisme.

C’est son mari, Jean-Sébastien Lantz, compagnon de toutes les ambitions, pour lequel le découragement n’existe pas, qui compose toutes les musiques. On y retrouve un sens de la mélodie affinée, à l’efficacité redoutable, comme sur Le sens de tes secrets ou Waiting for you, singles potentiels qui pourraient résonner sur bon nombre de radios dans un avenir proche. Une simplicité qui s’agrémente de quelques trouvailles musicales particulièrement brillantes. D’ailleurs, le premier clip réalisé pour la promotion de l’album, Just tell me now, en est le parfait exemple. À l’évidence, c’est dans le romantisme que Marjorie s’exprime le mieux.

Si elle écrit la plupart de ses textes, il lui arrive aussi de faire appel à des auteurs, en l’occurrence Jean-Pierre Leroux, sur Jeanne et Regarde-nous, ou Sylvain Moraillon, sur Le sens de tes secrets et Suivre sa voix. Or, suivre sa voie, c’est bien ce que fait Marjorie :

« Suivre sa voix

Pour devenir ce que l’on doit… »

Il y a quelque chose d’un peu mystique dans cette œuvre, perceptible dans des titres comme Messages, justement, ou Le sens de tes secrets. On y entend cette foi intense qui fait partie de l’artiste, qui guide ses pas à travers la vie, qui établit des connections entre les rêves, entre les mondes, entre les hommes. Mais n’est-ce pas le propre du blues, enraciné dans la terre, dont on sent les influences derrière les ambiances jazzy folk, les guitares pétillantes de Fabrice Dutour et de Sylvain de Nicola ?

L’album sort en partenariat avec l’association Zicomatic, qui lutte contre l’isolement des personnes en situation de handicap à travers l’accès à la culture. Pour chaque exemplaire vendu, un euro est reversé à l’association. C’est toute la démarche de l’artiste qui se révèle à travers ce choix, celui d’un humanisme engagé qui contribue au bonheur de tous et, pour commencer, de ceux qui en ont le plus besoin.

Messages est un premier album à découvrir, assurément, pour tous ceux qui aiment les vraies interprètes et la belle chanson française, autant que le jazz ou le blues. Marjorie Lantz s’impose enfin pour ce qu’elle est : une grande artiste, et, peut-être, une future diva.

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